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L'Ostéopathie selon Maurice R. Poyet

L’ostéopathie apparait vers la fin du 19ème siècle sous l’impulsion d’Andrew Taylor Still, médecin américain insatisfait de la médecine qu’on lui inculque, et convaincu que le corps a en lui-même tout ce qu’il lui faut pour fonctionner.
Quatre principes en découlent :

  1. Le corps possède en lui-même les moyens de s’autoréguler, par les voies de la nutrition et de l’élimination.
  2. Si ces voies sont obstruées ou rétrécies cette régulation est perturbée, il y a dysfonctionnement puis maladie.
  3. Ces obstructions sont parfois dues à des troubles structurels, particulièrement au niveau des os.
  4. Tout l’organisme est en continuité, donc une action sur une structure peut se répercuter loin de sa source.

A la même époque, un journaliste du nom de William G. Sutherland observe la guérison spectaculaire de son frère par un ostéopathe. Il décide avec enthousiasme de changer de vie et de devenir à son tour ostéopathe. Dans la continuité de Still et grâce à son étude pendant plus de 20 ans du crâne humain, de ses os suturés, il élabore un concept qui révolutionnera la physiologie. C’est celui du Mécanisme Respiratoire Primaire. C’est le mouvement rythmique des os du crâne sous l’effet des pulsations du cerveau. Ce mouvement de battements harmonieux, par l’intermédiaire des membranes de tensions réciproques, entraine un mouvement de corrélation du sacrum. Ce système permet une parfaite circulation du liquide céphalorachidien dans l’organisme. Et l’on parle alors de concept cranio-sacré.

Maurice Raymond Poyet (1928-1996), kinésithérapeute et ostéopathe.

Son travail a consisté à percevoir le MRP qualitativement et quantitativement, à la recherche de ses dysfonctionnements ou lésions. Sa méthode est entièrement fondée sur le MRP, tant pour le diagnostic que pour la correction. Pas de « manipulation » ni de craquement, le geste correctif est extrêmement doux, comme un battement d’ailes de papillon… Comme la subtilité du MRP auquel il s’adresse. Or ce micromouvement (MRP) se superpose au macro-mouvement (geste visible) ; quand le (MRP) est perturbé, vos possibilités de mouvements le sont aussi et inversement, normaliser le MRP les libère.

Le premier intérêt de cette légèreté est que ce geste correctif se fait en-dessous du seuil de protection du corps qui n’aura pas besoin de réagir en se bloquant ou en se contractant pour se protéger (de façon consciente ou inconsciente).

Autre intérêt : si la structure effectivement en lésion n’accepte pas la correction, c’est que l’origine de la restriction, la ou les causes sont ailleurs !  Il s’agira alors de remonter la chaine causale, en suivant l’anatomie et la biomécanique, pour libérer l’origine du problème, et par là l’ensemble du corps, évitant ainsi autant que faire se peut la récidive.

Le concept de globalité est fondamental, comme en ostéopathie classique, et l’endroit douloureux n’est parfois que la partie émergée de l’iceberg…

Le travail de Maurice Poyet s’oriente alors vers une vison plus globale. À la fin des années 80, ayant fait le tour du « local ». Maurice Poyet s’intéresse à cet ensemble, il découvre les chaines, suites d’éléments interdépendants, qui fonctionnent ensemble …

Chaque chaine est constituée d’un os du crâne ou de la face, de 3 vertèbres, d’organes et d’éléments périphériques, et d’un point réflexe de correction au niveau du sacrum ! Dès qu’un ou deux éléments de la chaîne sont en lésion, toute la chaîne se retrouve en lésion. Et le point de correction corrige souvent toute la chaîne en un seul geste ! C’est une grande avancée pour la pratique en méthode Poyet. Le travail des chaines permet de « déblayer » le terrain, d’aller plus vite et donc d’approfondir le travail fait sur une seule séance. Il permet aussi de mieux comprendre les évolutions lésionnelles, comment une entorse de cheville peut parfois déclencher une lombalgie, une sciatique ou des céphalées occipitales, au-delà des liens biomécaniques ou posturaux.

La découverte des chaines ouvrira la porte à d’autres relations à distance. Maurice Poyet mettra en évidence par exemple des relations directes entre pied et crâne, travail qui est actuellement poursuivi par certains de ses anciens élèves.

En conclusion,

la Méthode Poyet offre au praticien une pratique douce, subtile et précise, rigoureuse et exigeante, aux actions à la fois locales et globales, qu’il pourra mettre en œuvre grâce à une carte détaillée du MRP et d’ensembles de relations à distance. Mais cette méthode, comme toute autre, n’est rien sans le praticien. Les techniques apprises, les cartes proposées ne sauraient suffire. Le praticien se doit d’être en recherche, de continuer à se former, d’apprendre à faire la part entre l’objectif et le subjectif, le quantitatif et le qualitatif, la réflexion et l’intuition.

Aujourd’hui la méthode Poyet est pratiquée par environ 200 thérapeutes et est enseignée dans 5 écoles reconnues, en France et en Espagne.

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